La Poste se prépare à la libéralisation du marché postal

25 octobre 2007

Lors de la Commission Paritaire de ce matin, la direction de La Poste a expliqué comment l’entreprise allait poursuivre sa préparation en vue de la libéralisation totale du marché postal en 2011. Jusqu’ici, les étapes du plan se sont déroulées comme prévu et l’entreprise a actualisé et précisé son plan pour 2008 et 2009. Ceci devra permettre à La Poste d’absorber le choc de la libéralisation totale du marché.  L’exécution concrète des projets se fera en concertation avec les organisations syndicales.  Comme par le passé, les conséquences des réorganisations seront compensées par le non-remplacement des départs naturels, sans licenciements secs.

Le Plan d’entreprise adapté pour 2008-2012 ne constitue donc pas un nouveau plan, mais l’actualisation des projets de changement menés par La Poste depuis 2003.  Ces projets visent la réduction des coûts et l’amélioration du service à la clientèle.  De nouvelles initiatives commerciales seront également lancées afin d’endiguer la perte de volume attendue à la suite de la libéralisation totale et de l’arrivée de nouveaux concurrents.

La direction a également commenté les adaptations opérationnelles prévues au sein des différents départements de l’entreprise.  Ainsi, il a été confirmé que le réseau de vente de La Poste poursuivra son évolution vers un réseau multicanaux, composé de 650 bureaux de Poste et 650 Points Poste, de l’e-Shop pour les commandes de produits postaux en ligne, et de la vente de timbres-poste dans quelque 4.000 commerces de quartier et grandes surfaces.

En ce qui concerne les services Paquets et Express, la fusion de Kilopost et Taxipost avait déjà été annoncée précédemment.  Dans ce cadre, le traitement automatique des paquets sera centralisé dans deux des centres de tri existants de La Poste.

La division Mail s’attèle pour sa part à optimiser son réseau logistique.  L’actuel réseau de bureaux de distribution (500 bureaux) sera progressivement transformé en 150 plates-formes opérationnelles qui assureront la préparation des activités de distribution et en 1.500 dépôts d’où seront organisées les activités de distribution proprement dites.  Cette mesure n’affectera en rien les services fournis aux clients, mais elle permettra de réaliser des économies substantielles en termes de bâtiments, de transport, d’entretien, etc.
 
En outre, l’organisation des activités de distribution devra être progressivement adaptée aux évolutions techniques.  Les cinq nouveaux centres de tri de Bruxelles, Gand, Charleroi, Liège et Anvers trieront en effet une quantité croissante de courrier selon les rues et les numéros de maison.  Les tâches de tri préparatoires des facteurs seront dès lors réduites.  Comme le temps ainsi libéré ne pourra que partiellement être alloué à la distribution du courrier, La Poste créera dans les années à venir un nombre croissant de tournées courtes de distribution qu’elle confiera à des livreurs de courrier spécialisés. Ces derniers seront liés à La Poste par un contrat de travail à part entière. 

Johnny Thijs, CEO de La Poste : « L’ouverture au changement dont nous avons fait preuve ces quatre dernières années doit se poursuivre. Il s’agit d’adaptations progressives, que nous entendons évidemment appliquer en concertation avec les syndicats, sans recourir à des licenciements secs.  Ce scénario part toutefois du principe que La Poste pourra affronter ses concurrents sur le marché libéralisé à armes égales. Il serait inconcevable que la concurrence puisse se tourner uniquement vers les secteurs rentables du marché et utiliser à cette fin de la main-d’œuvre bon marché, et que dans le même temps La Poste soit obligée de desservir chaque jour la totalité des boîtes aux lettres sur l’ensemble de notre territoire.  Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils mettent en place les garanties nécessaires sur le plan des services et des conditions de travail afin d’éviter toute discrimination concurrentielle».